« Avec un moteur, ce n’est pas du vélo. » La remarque revient à chaque sortie, souvent lancée par un cycliste en carbone qui vient de se faire doubler dans une côte. Elle mérite pourtant d’être prise au sérieux, parce que beaucoup de gens hésitent à passer au vélo à assistance électrique justement par peur de ne plus faire d’exercice. Les mesures réalisées ces dernières années racontent une histoire plus nuancée, et plutôt flatteuse pour le VAE.
Ce que fait le moteur, et ce qu’il ne fait pas
En Europe, un vélo à assistance électrique ne fonctionne que si l’on pédale. Le moteur est limité à 250 watts et coupe son aide à 25 km/h. Au-delà, ou quand les jambes s’arrêtent, c’est le cycliste seul qui avance. Pour savoir si cette aide suffit à transformer le vélo en simple moyen de transport, il faut regarder l’effort réel, et les spécialistes de l’activité physique du quotidien, comme lesportpourtous.fr, rappellent que la référence n’est pas la performance mais le temps passé en mouvement à une intensité modérée.
Le VAE ne supprime donc pas l’effort, il le lisse. Les pics de difficulté, la côte, le vent de face, le démarrage au feu, sont absorbés par le moteur. Ce qui reste, c’est un pédalage régulier, plus long, qui fait monter le cœur sans le mettre dans le rouge.
Il faut aussi rappeler que le poids du vélo joue contre le cycliste dès que l’assistance s’arrête. Un VAE pèse souvent plus de vingt kilos : au-delà de 25 km/h ou batterie vide, chaque relance demande un vrai coup de jarret. Les utilisateurs qui roulent vite sur le plat le constatent vite, le moteur se coupe et c’est à eux de maintenir l’allure.
Ce que montrent les mesures
Plusieurs études européennes ont comparé des cyclistes en vélo classique et en VAE sur les mêmes trajets. Le constat est assez constant : avec l’assistance, la fréquence cardiaque est un peu plus basse, mais elle reste dans la zone d’intensité modérée, celle que l’Organisation mondiale de la santé recommande de pratiquer au moins 150 minutes par semaine.
Moins intense, mais plus long
Le point qui change tout, c’est le comportement des utilisateurs. Les possesseurs de VAE roulent plus souvent et plus loin que lorsqu’ils avaient un vélo classique. Ils prennent le vélo pour des trajets qu’ils faisaient en voiture, osent les itinéraires vallonnés et sortent même par temps moyen. Résultat : sur une semaine, leur dépense d’énergie totale liée au vélo est comparable, et parfois supérieure, à celle des cyclistes sans moteur.
Un effort qu’on peut doser
Chaque niveau d’assistance correspond à un effort différent, et c’est un atout pour progresser. On peut garder le mode turbo pour le trajet du matin, histoire d’arriver au bureau sans transpirer, et passer en mode éco le week-end pour en faire une vraie séance.
| Mode d’assistance | Ressenti | Usage conseillé |
|---|---|---|
| Éco | Proche d’un vélo classique sur le plat | Séance sportive, entretien du souffle |
| Tour | Effort modéré et régulier | Balade longue, sortie du dimanche |
| Sport ou Turbo | Effort léger, côtes effacées | Trajet domicile-travail, reprise après une blessure |
Pour qui le VAE est-il un vrai sport ?
Pour un cycliste entraîné, le VAE ne remplace pas une sortie d’entraînement. En revanche, pour tous ceux qui ne faisaient plus de sport, il est souvent la porte d’entrée la plus efficace. C’est le cas des personnes en surpoids, pour qui la première côte suffit à décourager, des seniors qui veulent garder du souffle sans abîmer leurs genoux, ou des actifs qui manquent de temps et transforment leurs trajets en séances.
Le VAE convient aussi très bien en reprise après une blessure ou une longue pause, sous réserve de l’avis du médecin. L’assistance permet de rouler sans forcer sur une articulation fragile, puis de réduire le niveau au fil des semaines.
Il y a enfin un bénéfice qu’on oublie : le moral. Les études menées auprès des utilisateurs décrivent des trajets jugés plus agréables, moins stressants que la voiture, et un sentiment de liberté qui pousse à repartir le lendemain. Pour tenir une activité physique sur la durée, cette envie compte autant que la fréquence cardiaque.
Transformer ses sorties en entraînement
Quelques réglages suffisent pour faire de son VAE un outil sportif, sans renoncer au confort des jours de fatigue :
- rouler en mode éco sur le plat et ne monter l’assistance que dans les côtes ;
- garder une cadence de pédalage soutenue, autour de 70 à 90 tours par minute ;
- alterner une semaine de trajets faciles et une sortie longue le week-end ;
- suivre sa fréquence cardiaque avec une montre ou un capteur pour rester dans la zone modérée ;
- couper l’assistance sur quelques kilomètres pour mesurer ses progrès.
Ceux qui aiment les chiffres peuvent aussi noter, chaque mois, l’autonomie obtenue sur un même parcours. Quand la batterie dure plus longtemps sans changer de trajet, c’est que les jambes fournissent une part plus grande du travail.
Le plus important reste la régularité. Une heure de VAE trois fois par semaine apporte davantage qu’une grosse sortie mensuelle en vélo classique suivie de trois semaines d’arrêt.
Alors, sport ou pas sport ?
Le vélo électrique n’est pas une triche, c’est un autre dosage. Il demande moins d’effort à chaque coup de pédale, mais il donne envie de pédaler plus souvent et plus longtemps. Pour la santé, c’est ce volume qui compte. Le cycliste en carbone continuera peut-être de sourire en le voyant passer. Mais sur un mois complet, le propriétaire du VAE aura sans doute passé plus d’heures en selle que lui.